Alors j'entame une démarche simple : être reconnu, pour être soigné. Il m'a fallu cinq ans pour arracher à l'État un seul mot : « effectivement, vous étiez présent. » Puis cinq ans de plus pour poser une seule question : oui ou non, y a-t-il eu dysfonctionnement dans le traitement ET la gestion de mon dossier depuis ma première demande et durant toutes ces années ?
Réponse de l'État : un jeu du « ni oui ni non » qui a duré dix ans.
Dix ans. Cinq avocats, une dépêche AFP, une association de victimes, une députée, un Premier ministre, une ministre, un débat aux Invalides face à Dupond-Moretti, et des dizaines et des dizaines de lettres recommandées et de mails — souvent restés sans réponse, ou noyés dans l'enfumage.
Le prix ? Plus de dix ans de ma vie partis en fumée. Trente ans à me faire une place à la force du poignet, pour finir licencié en 2024 pour invalidité, taux 60 %.
J'ai gagné sur le fond, par décision ministérielle. Maintenant on va chercher la forme — je laisse ça à mes avocats, Fidelio Avocats. On ne lâchera rien. C'est une question de principe : mon histoire est un déni démocratique.